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Sufentanil base

3 spécialités en Tunisie

Nomenclature hospitalière · BS Vérifier une association

Code ATC
N01AH03

Spécialités disponibles en Tunisie

MarqueCompositionLaboratoireFormesPrix à partir deReste à charge min.CNAM
SUFENTA Sufentanil base CSP-CENTRE SPECIALITES PHARMACEUTIQUES, JOHNSON AND JOHNSON MIDDLE EAST FZ-LLZ, PIRAMAL CRITICAL CARE LIMITED Sol. Inj. hôpital
SUFENTAMED Sufentanil base UNIMED Sol. Inj. hôpital
SUFENTANIL MYLAN Sufentanil base VIATRIS SANTE (EX. MYLAN S.A.S (EX. MERCK GENERIQUES)) Sol. Inj. hôpital

Prix publics et statut CNAM du catalogue tunisien (liste SPOT du 01/09/2026). Tri par prix croissant.

Interactions médicamenteuses de sufentanil base

Aucune interaction répertoriée dans le thésaurus ANSM pour cette molécule. L'absence d'entrée ne signifie pas l'absence de risque.

Grossesse et allaitement

Grossesse

Pas de fiche CRAT pour cette molécule ; voir la rubrique grossesse du RCP ci dessous.

Allaitement

Pas de fiche CRAT pour cette molécule.

Notice de référence

RCP de SUFENTA 10 microgrammes/2 ml, solution injectable (I.V. ou péridurale) (PIRAMAL CRITICAL CARE (PAYS-BAS)), rattaché à la marque tunisienne SUFENTA. Voir l'original.

Indications thérapeutiques

Analgésique central réservé à l'anesthésie-réanimation, le sufentanil peut être utilisé dans les indications suivantes :

Chez l’adulte

  • en tant qu'analgésique d'appoint au cours de l'entretien d'une anesthésie générale balancée de moyenne ou longue durée en association à un hypnotique et (ou) un agent anesthésique volatil et un agent myorelaxant ;
  • en tant qu'agent anesthésique principal pour l'induction et l'entretien d'une anesthésie analgésique, avec 100 % d'oxygène, au cours d’interventions chirurgicales majeures telle que la chirurgie cardio-vasculaire ;
  • en administration péridurale, en dose unique ou répétée ou en perfusion, seul ou en association avec un anesthésique local pour l'analgésie chirurgicale, obstétricale ou post-opératoire ;
  • en sédation prolongée en unité de soins intensifs ou en réanimation, de patients ventilés.

Chez l’enfant

  • en administration intraveineuse, en tant qu'agent analgésique pour l'induction et/ou l'entretien d'une anesthésie générale balancée chez l’enfant de plus d’un mois.
  • en administration péridurale, pour l’analgésie post-opératoire suite à une intervention de chirurgie générale, thoracique ou orthopédique chez l’enfant de plus d’un an.
Posologie et mode d'administration

Ce produit ne doit être administré que par des médecins spécialisés en anesthésie-réanimation ou en médecine d’urgence et familiarisés avec l’utilisation des anesthésiques, ou sous leur contrôle, et disposant de tout le matériel d’anesthésie-réanimation nécessaire.

Les recommandations des sociétés savantes concernées doivent être respectées, notamment en cas d’utilisation en situation extrahospitalière (situation d’urgence ou transport médicalisé).

Le sufentanil est le plus souvent administré en association à d'autres agents : anesthésiques intraveineux, anesthésiques volatils, benzodiazépines.

La posologie est variable selon la technique anesthésique, l'état du patient et les modalités de contrôle de la ventilation.

En fonction de ses différentes indications, le mode d'emploi et les posologies sont les suivantes :

Voie intraveineuse

Anesthésie générale balancée

  • Interventions de courte ou de moyenne durée (1 à 2 heures) : 0,1 à 2 microgrammes/kg à l’induction en association à un hypnotique et (ou) un agent anesthésique volatil et un agent myorelaxant.
  • Des doses de 10 à 25 microgrammes de sufentanil peuvent être réadministrées lors de l'entretien de l'anesthésie en fonction des signes cliniques d'allégement de l'analgésie et en fonction de la tolérance à la dose initiale.
  • Interventions chirurgicales majeures (durée supérieure à 2 heures) : la dose totale sera calculée sur la base d'une administration de 1 microgramme/kg/h, à adapter selon l’intervention chirurgicale, l’état du patient et les produits associés, 75 % de la dose totale pouvant être administrés en bolus à l'induction et l'entretien assuré soit par des réinjections de 10 à 50 microgrammes en fonction des signes cliniques d'allégement de l'analgésie soit par une perfusion continue. Le sufentanil peut être associé à un hypnotique et (ou) à un agent anesthésique volatil et à un agent myorelaxant.
  • En cas de bradycardie, une dose (à déterminer) d'agent anticholinergique (atropine) peut être utilisée.

Anesthésie analgésique (chirurgie cardio-vasculaire)

  • Dose bolus à l'induction de 8 à 20 microgrammes/kg en association avec 100 % d'oxygène et un agent myorelaxant compatible avec l'état cardio-vasculaire du patient.
  • Un bolus supplémentaire de 5 à 10 microgrammes/kg doit être administré avant la sternotomie.
  • L'entretien est assuré soit par des doses répétées de 25 à 50 microgrammes administrées en fonction des signes d'allégement de l'analgésie et de la tolérance du patient au bolus initial soit par une perfusion continue.

En comparaison aux autres morphiniques utilisés dans de tels protocoles, la dose des médicaments associés tels que anesthésiques volatils, benzodiazépines, doit en général être réduite.

La dose totale administrée en chirurgie cardio-vasculaire est en moyenne de 12 à 30 microgrammes/kg avec un délai moyen d'extubation prévisible de 12 à 18 heures.

Toutefois, la posologie devra être ajustée en fonction des autres agents anesthésiques utilisés, des variations individuelles et du délai d’extubation.

Sédation prolongée en unité de soins intensifs ou en réanimation, de patients ventilés

0,2 à 2 microgrammes/kg/heure, selon le degré de sédation nécessaire et les doses respectives des produits éventuellement associés.

Voie péridurale

Chirurgie générale (thoracique, urologique, orthopédique)

Une dose initiale de 0,75 microgramme/kg diluée dans 10 ml permet une analgésie de 4 à 8 heures. Des boli supplémentaires de 25 à 50 microgrammes peuvent être administrés en fonction des signes d'allégement de l'analgésie.

Obstétrique

Dose bolus de 15 à 20 microgrammes diluée dans un volume de 10 ml associée à un anesthésique local telle la bupivacaïne (0,125 % - 0,25 %). Il est recommandé de ne pas dépasser la dose totale de 30 microgrammes de sufentanil.

Analgésie post-césarienne

Dose bolus de 25 microgrammes diluée dans un volume de 10 ml associée à un anesthésique local telle la bupivacaïne (0,125 % - 0,25 %). Il est recommandé de ne pas dépasser la dose totale de 30 microgrammes de sufentanil.

Analgésie post-opératoire

Dose bolus de 0,75 microgramme/kg diluée dans un volume de 10 ml en dose unique ou répétée en fonction des signes d'allégement de l'analgésie (25 à 50 microgrammes), ou en perfusion à la dose de 0,2 à 0,3 microgramme/kg/h.

Populations particulières

Comme pour les autres opioïdes, une diminution de la posologie est recommandée chez les patients âgés, affaiblis ou de classe ASA III/IV.

Population pédiatrique

Voie intraveineuse

En raison de la grande variabilité des paramètres pharmacocinétiques chez le nouveau-né, aucune recommandation posologique ne peut être donnée (voir rubriques 4.4 et 5.2).

Enfant de plus d’un mois

Quelle que soit la posologie, une prémédication avec un anticholinergique tel que l’atropine est recommandée, sauf en cas de contre-indication

Induction de l’anesthésie

SUFENTA peut être administré en bolus lent d’au moins 30 secondes à des doses de 0,2 à 0,5 µg/kg, en association à un autre agent anesthésique pour l’induction. En cas d’intervention chirurgicale majeure (chirurgie cardiaque, par exemple) des doses allant jusqu’à 1 µg/kg peuvent être administrées.

Entretien de l’anesthésie chez les patients ventilés

Dans le cadre d’une anesthésie générale balancée, la posologie dépend de la dose des agents anesthésiques associés, ainsi que du type et de la durée de l’intervention chirurgicale. Une dose initiale de 0,3 à 2 microgrammes/kg administrée en bolus lent d’au moins 30 secondes peut être suivie par des boli additionnels de 0,1 à 1 microgramme/kg en fonction des besoins, sans dépasser la dose totale de 5 microgrammes/kg au cours d’une intervention de chirurgie cardiaque.

Voie péridurale

SUFENTA ne doit être administré par voie péridurale à des enfants que par des médecins anesthésistes spécialement formés à l’anesthésie péridurale de l’enfant et à la prise en charge des effets dépresseurs respiratoires des opioïdes. Le matériel de réanimation nécessaire, incluant du matériel d’intubation ainsi que des antimorphiniques, doit être rapidement disponible.

Après une administration péridurale de SUFENTA chez l’enfant, les signes de dépression respiratoire doivent être surveillés pendant au moins 2 heures.

L’utilisation péridurale de SUFENTA chez l’enfant n’est documentée que par un faible nombre de cas.

Enfant de moins d’un an

La sécurité et l’efficacité de SUFENTA chez l’enfant âgé de moins d’un an n’ont pas encore été établies (voir rubriques 4.4 et 5.1).

Les données actuellement disponibles chez l’enfant de plus de 3 mois sont décrites en rubrique 5.1 mais aucune recommandation posologique ne peut être donnée.

Aucune donnée n’est disponible chez le nouveau-né et le nourrisson de moins de 3 mois.

Enfant de plus d’un an

Une dose bolus unique de 0,25 à 0,75 microgramme/kg administrée au cours d’un acte chirurgical procure un effet analgésique durant 1 à 12 heures. La durée de l’effet analgésique est influencée par le type d’intervention chirurgicale et par l’utilisation concomitante d’un anesthésique local de type amide par voie péridurale.

Contre indications
  • Hypersensibilité à la substance active, à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1, ou aux morphiniques.
  • Traitement ou pathologie associés pouvant contre-indiquer une administration par voie péridurale, tels qu’hémorragie sévère ou choc, septicémie, infection au site d’injection, perturbation de l’hémostase (par exemple thrombocytopénie, coagulopathie), traitement anticoagulant.
  • Association aux agonistes-antagonistes morphiniques ou aux morphiniques antagonistes partiels (voir rubrique 4.5).
  • L’utilisation de la voie intraveineuse durant l’accouchement ou avant le clampage du cordon ombilical en cas de césarienne est contre-indiquée en raison d’une éventuelle dépression respiratoire chez le nouveau-né. L'utilisation par voie péridurale pendant l’accouchement de doses de sufentanil allant jusqu'à 30 μg n'influence pas la condition de la mère ou le nouveau-né (voir rubrique 4.6).
Mises en garde et précautions d'emploi

Mises en garde spéciales

Lors de l'utilisation du sufentanil en sédation prolongée, il est nécessaire :

  • de disposer du matériel d'assistance respiratoire et de réanimation cardio-circulatoire ;
  • que le patient soit sous ventilation contrôlée ;
  • que l'administration de sufentanil soit stoppée avant l'extubation du patient. A titre d'exemple, dans les études effectuées, le délai d'extubation ou de reprise de la ventilation spontanée après arrêt de la perfusion était de 3 à 8 heures pour la plupart des patients, pour des durées d'administration de 12 à 18 heures, et des posologies de 1 à 2 microgrammes/kg/heure.

L’administration de ce médicament est déconseillée avec les boissons alcoolisées, avec les médicaments contenant de l’alcool ainsi qu’avec le crizotinib, l’idélalisib ou l’oxybate de sodium (voir rubrique 4.5).

Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par ampoule de 2 ml, c.-à-d. qu’il est essentiellement « sans sodium ».

Précautions d’emploi

Comme pour les autres morphinomimétiques puissants :

  • Dépression respiratoire : La dépression respiratoire est proportionnelle à la dose et peut être contrôlée par l’administration d’antimorphiniques (naloxone). La durée de la dépression respiratoire pouvant être supérieure à la durée d’action de l’antimorphinique, l’administration de doses supplémentaires de ce dernier peut s’avérer nécessaire. L’analgésie profonde s’accompagne d’une dépression respiratoire marquée qui peut persister (ou réapparaître) en période post-opératoire. Les patients doivent être placés sous surveillance respiratoire. De plus, du matériel de réanimation et des antimorphiniques doivent être immédiatement disponibles.
  • Une hyperventilation fréquente en cours d’anesthésie peut modifier les réponses du patient au CO2, entraînant une modification de la ventilation post-opératoire.
  • Maladie cardiaque : Une bradycardie et éventuellement un arrêt cardiaque peuvent survenir dans le cas où le patient a reçu une dose insuffisante d’anticholinergique ou lorsque le sufentanil est associé à des myorelaxants non vagolytiques. La bradycardie peut être prévenue ou traitée par l'administration d'un anticholinergique (atropine).
  • Rigidité musculaire : Une rigidité musculaire, en particulier rigidité thoracique, peut apparaître. Cette rigidité peut être évitée en prenant les mesures suivantes : administration lente (précaution généralement suffisante lorsque le sufentanil est utilisé à faibles doses), prémédication par les benzodiazépines ou l’utilisation de curares.
  • Des mouvements (myo) cloniques non épileptiques peuvent être observés.
  • Une élévation transitoire de 55 à 100 % de la pression intra-crânienne lors de l'administration de sufentanil par voie IV chez des traumatisés crâniens, a été observée.
  • Les opioïdes peuvent induire une hypotension, particulièrement chez les patients présentant une hypovolémie. Des mesures appropriées permettant de maintenir une pression artérielle stable doivent être prises. En cas d'hypovolémie non corrigée ou d'insuffisance cardiaque non compensée, la dose d'induction devra être adaptée et administrée lentement afin d'éviter une dépression cardio-vasculaire souvent majorée par l'administration concomitante d'autres drogues anesthésiques.
  • Lors d'utilisation obstétricale par voie IV, le sufentanil sera administré après le clampage du cordon ombilical pour prévenir un éventuel effet dépresseur respiratoire chez le nouveau-né.
  • L’administration de sufentanil en bolus IV rapide doit être évitée chez les patients présentant des troubles de la circulation intracérébrale : chez ces patients, une diminution transitoire de la pression artérielle moyenne a parfois été associée à une réduction de courte durée de la pression de perfusion cérébrale.
  • Les patients sous traitement morphinique chronique ou présentant des antécédents de toxicomanie aux morphiniques peuvent nécessiter des doses plus élevées.
  • Une diminution de la posologie est recommandée chez les patients âgés, affaiblis ou de classe ASA III/IV.
  • Une diminution de la posologie est recommandée chez les patients présentant : une hypothyroïdie non contrôlée ; une maladie pulmonaire ; une capacité respiratoire diminuée ; une insuffisance hépatique ou rénale et chez les patients alcooliques. Chez ces patients, la surveillance post-opératoire doit être prolongée.
  • L'administration péridurale du sufentanil pour l'analgésie post-opératoire doit être faite en salle de réveil ou de soins intensifs et les effets secondaires respiratoires (dépression respiratoire, altération de la fonction respiratoire, détresse fœtale) doivent être soigneusement surveillés, pendant au moins 1 heure suivant son administration. Le risque de dépression respiratoire est majoré lors de l'administration péridurale de doses répétées et relativement rapprochées de sufentanil.

Accoutumance et trouble lié à l’utilisation d’opioïdes (abus et dépendance)

L’administration répétée d’opioïdes peut développer une tolérance, une dépendance physique et psychologique ainsi qu’un trouble lié à l’utilisation d’opioïdes (TUO).

Le risque de développer un TUO est accru chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux (parents ou fratrie) de troubles liés à l’utilisation substances (y compris ceux liés à la consommation d’alcool), en cas de tabagisme actif ou chez les patients ayant des antécédents personnels d’autres troubles de santé mentale (par ex. dépression majeure, anxiété et troubles de la personnalité).

Il est possible qu’une dose plus élevée de SUFENTA soit nécessaire pour produire le même résultat.

Les patients doivent être surveillés afin de détecter tout signe de comportement de recherche compulsive du produit (demandes de renouvellement trop précoce de la prescription, par exemple). Dans ce cadre, les opioïdes et médicaments psychoactifs (tels que les benzodiazépines) utilisés en concomitance devront être passés en revue. Pour les patients présentant des signes et symptômes de TUO, une consultation auprès d’un addictologue devra être envisagée.

Les personnes à risque accru d’un abus d’opioïdes peuvent tout de même être traitées de manière appropriée par SUFENTA.

Le sufentanil peut faire l’objet d’abus de manière similaire à d’autres agonistes opioïdes.

L’abus ou le mésusage intentionnel de SUFENTA peut entraîner un surdosage et/ou le décès.

Arrêt du traitement et syndrome de sevrage

La dépendance physique peut entraîner des symptômes de sevrage aigus après une interruption abrupte ou une importante réduction de la dose d’opioïdes.

L’administration répétée à de brefs intervalles pendant de longues périodes pourrait entraîner le développement d’un syndrome de sevrage après l’arrêt du traitement. Les symptômes suivant l’arrêt de SUFENTA, notamment tachycardie, hypertension et agitation, ont été rarement signalés à l’arrêt brutal, en particulier après une administration prolongée de plus de 3 jours. Dans les cas rapportés, la ré-introduction et la diminution progressive de la perfusion a été bénéfique.

L’utilisation de SUFENTA chez les patients mécaniquement ventilés en soins intensifs n’est pas recommandée pendant une durée de traitement supérieure à 3 jours.

Nouveau-né exposé in utero

Concernant les femmes prenant des opioïdes de manière chronique pendant leur grossesse, il existe un risque que leur nouveau-né présente un syndrome de sevrage néonatal.

En raison du risque de dépression respiratoire chez le nouveau-né, un antagoniste opioïde doit toujours être disponible pour le nouveau-né (voir rubrique 4.6).

Hyperalgésie induite par les opioïdes

L’hyperalgésie induite par les opioïdes (HIO) est une réaction paradoxale à un opioïde, en particulier à des doses élevées ou en cas d’utilisation chronique, dans laquelle la perception de la douleur augmente malgré une exposition aux opioïdes stable ou accrue. Elle est différente de la tolérance, pour laquelle des doses d’opioïdes plus élevées sont nécessaires pour atteindre le même effet analgésique ou traiter la douleur récurrente. L’HIO peut se manifester par des niveaux de douleur accrus, une douleur plus généralisée (c.-à-d. moins focale), ou une douleur générée par des stimuli ordinaires, c.-à-d. non douloureux (allodynie), sans preuve de progression de la maladie. Lorsqu’une HIO est suspectée, la dose des opioïdes doit être réduite ou arrêtée progressivement, si possible. Comme avec les autres opioïdes, en cas de contrôle insuffisant de la douleur en réponse à une dose plus élevée de sufentanil, la possibilité d’une hyperalgésie induite par les opioïdes doit être envisagée. Une réduction de la dose de sufentanil, l’arrêt du traitement par le sufentanil ou une réévaluation du traitement peuvent être indiqués.

Troubles respiratoires du sommeil

Les opioïdes peuvent entraîner des troubles respiratoires du sommeil, y compris une apnée centrale du sommeil (ACS) et une hypoxémie nocturne. L’utilisation d’opioïdes augmente le risque d’ACS de manière dose-dépendante. Chez les patients atteints d’ACS, envisager une diminution de la posologie totale d'opioïdes.

Effets gastro-intestinaux

Le sufentanil, en tant qu’agoniste du récepteur -opioïde μ, peut ralentir la motilité gastro-intestinale. Par conséquent, le sufentanil doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant un risque d’iléus.

Le sufentanil, en tant qu’agoniste du récepteur opioïde μ, peut entraîner des spasmes du sphincter d’Oddi. Par conséquent, le sufentanil doit être utilisé avec précaution chez les patients souffrant d’une affection des voies biliaires, y compris en cas de pancréatite aiguë.

Population pédiatrique

En raison de la grande variabilité des paramètres pharmacocinétiques chez le nouveau-né, il existe un risque de surdosage ou de sous-dosage en sufentanil lors d’une administration par voie intraveineuse au cours de la période néonatale (voir rubriques 4.2 et 5.2).

La sécurité et l’efficacité du sufentanil administré par voie péridurale chez l’enfant de moins d’un an n’ont pas encore été établies (voir rubriques 4.2 et 5.1).

Risque lié à l'utilisation concomitante de médicaments sédatifs tels que les benzodiazépines ou autres médicaments apparentés :

L'utilisation concomitante de SUFENTA et de sédatifs tels que les benzodiazépines ou autres médicaments apparentés peut entraîner une sédation, une dépression respiratoire, un coma et la mort. En raison de ces risques, la prescription concomitante avec ces médicaments sédatifs doit être réservée aux patients pour lesquels d'autres options thérapeutiques ne sont pas possibles. Si la décision de prescrire SUFENTA en même temps que des médicaments sédatifs est prise, la dose efficace la plus faible doit être utilisée et la durée du traitement doit être aussi courte que possible.

Les patients doivent être suivis de près pour surveiller la survenue de signes et symptômes de dépression respiratoire et de sédation.

À cet égard, il est fortement recommandé d'informer les patients et leurs soignants afin qu’ils connaissent ces symptômes (voir rubrique 4.5).

Fertilité, grossesse et allaitement (RCP)

Grossesse

Les études chez l’animal n’ont pas mis en évidence d’effet tératogène (voir rubrique 5.3).

Il existe des données limitées sur l'utilisation de sufentanyl chez la femme enceinte. Le sufentanil traverse le placenta. Après administration par voie péridurale d’une dose totale ne dépassant pas 30 μg, des concentrations plasmatiques moyennes de 0,016 ng/mL ont été détectées dans la veine ombilicale.

En conséquence, l’utilisation de SUFENTA au cours de la grossesse ne doit être envisagée que si nécessaire.

L’utilisation chronique d’un opioïde pendant la grossesse peut provoquer une pharmacodépendance chez le nouveau-né, entraînant un syndrome de sevrage néonatal. Si l’utilisation d’opioïdes est requise pendant une période prolongée chez une femme enceinte, il faut informer la patiente du risque de syndrome de sevrage néonatal des opioïdes.

Des études cliniques contrôlées menées pendant l’accouchement ont montré que l’association de sufentanil (à la dose totale maximale de 30 µg) et de bupivacaïne par voie péridurale n’a pas d’effet néfaste sur la mère ou le nouveau-né (voir rubrique 4.2). L’utilisation de la voie intraveineuse est contre-indiquée durant l’accouchement (voir rubrique 4.3).

En raison du risque de dépression respiratoire chez le nouveau-né, un antagoniste opioïde doit toujours être disponible pour le nouveau-né (voir rubrique 4.4).

Allaitement

Le sufentanil est excrété dans le lait maternel.

En conséquence, il est conseillé d’attendre 4 h après l’administration de sufentanil avant d’allaiter pour des doses n’excédant pas 30 µg. Pour des doses supérieures l’allaitement est déconseillé.

Fertilité

Aucune donnée de fertilité n’est disponible.

Effets indésirables

La tolérance de SUFENTA a été évaluée chez 650 patients traités par du sufentanil, au cours de 6 essais cliniques. Parmi ces patients, 78 ont participé à deux études au cours desquelles le sufentanil était administré par voie intraveineuse pour l’induction et le maintien de l’anesthésie chez les patients subissant une chirurgie majeure (pontage coronarien ou opération à cœur ouvert). Les 572 autres patients ont participé à 4 études au cours desquelles le sufentanil était administré par voie péridurale comme analgésique post-opératoire ou comme analgésique adjuvant à la bupivacaïne par voie péridurale au cours du travail et de l’accouchement. Ces patients ont reçu au moins une dose de sufentanil et sont inclus dans l’analyse des données de tolérance. Sur la base des données de tolérance poolées issues de ces études cliniques, les effets indésirables les plus fréquemment rapportés (incidence ≥ 5%) ont été : sédation (19,5 %), prurit (15,2 %), nausées (9,8 %) et vomissements (5,7 %).

Ces effets indésirables sont inclus dans le tableau ci-après décrivant les effets indésirables rapportés avec SUFENTA soit au cours des études cliniques soit après commercialisation.

Les fréquences sont définies de la manière suivante : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥1/100 à <1/10), peu fréquent (≥1/1000 à <1/100) et inconnu (fréquence ne pouvant être estimée à partir des données cliniques disponibles).

Classe de systèmes organesEffets indésirables
Fréquence
Très fréquent (≥ 1/10)Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10)Peu fréquent (≥1/1000 à <1/100)Inconnu
Infections et infestationsRhinite.
Affections du système immunitaireHypersensibilité.Choc anaphylactique, réaction anaphylactique, réaction anaphylactoïde.
Affections psychiatriquesApathie, nervosité.
Affections du système nerveuxSédation.Tremblements du nouveau-né, vertiges, céphalées.Ataxie,dyskinésie néonatale, dystonie, hyperréflexie, hypertonie, hypokinésie néonatale, somnolence.Coma, convulsion, contractions musculaires involontaires.
Affections oculairesTroubles visuels.Myosis.
Affections cardiaquesTachycardie.Bloc auriculoventriculaire, cyanose, bradycardie, arythmie, anomalies sur l’électrocardiogramme.Arrêt cardiaque.
Affections vasculairesHypertension, hypotension, pâleur.Choc.
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinalesCyanose néonatale.Bronchospasme, hypoventilation, dysphonie, toux, hoquet,trouble respiratoire.Arrêt respiratoire, apnée, dépression respiratoire, œdème pulmonaire, laryngospasme.
Affections gastro-intestinalesVomissements, nausées.
Affections de la peau et du tissu sous-cutanéPrurit.Décoloration cutanée.Dermatite allergique, hyperhidrose, rash, rash néonatal, sécheresse cutanée.Erythème.
Affections musculo-squelettiques et systémiquesContraction musculaire.Lombalgie, hypotonie néonatale, rigidité musculaire.Spasmes musculaires.
Affections du rein et des voies urinairesRétention urinaire, incontinence urinaire.
Troubles généraux et anomalies au site d’administrationPyrexie.Hypothermie, diminution de la température corporelle, augmentation de la température corporelle, frissons, réaction au site d’injection, douleur au site d’injection, douleur.

Population pédiatrique

On s’attend à ce que la fréquence, le type et la sévérité des effets indésirables chez l’enfant soient comparables à ceux observées chez l’adulte.

Déclaration des effets indésirables suspectés

La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : https://signalement.social-sante.gouv.fr/

Surdosage

Symptômes

Un surdosage en sufentanil se traduit par une exacerbation des signes pharmacologiques. La dépression respiratoire constitue le signe clinique principal et varie, selon la sensibilité individuelle, de la bradypnée à l’apnée.

Traitement

En cas d’hypoventilation ou d’apnée, assurer une oxygénation et une ventilation assistée ou contrôlée adéquate.

Un antimorphinique (naloxone) doit être utilisé pour contrôler la dépression respiratoire. Par ailleurs, un traitement symptomatique sera mis en œuvre, si nécessaire. La dépression respiratoire pouvant durer plus longtemps que l’effet de l’antimorphinique, il peut être nécessaire de renouveler l’administration de ce dernier.

En cas de dépression respiratoire associée à une rigidité musculaire, l’administration par voie intraveineuse d’un curare dépolarisant peut s’avérer nécessaire pour faciliter la mise en place de la ventilation assistée ou contrôlée.

Le patient doit être placé sous stricte observation médicale ; contrôler la température corporelle et la prise de fluides. Si l’hypotension est sévère ou si elle persiste, le risque d’hypovolémie doit être pris en compte et contrôlé par administration parentérale de liquides de remplissage.

Propriétés pharmacodynamiques

Classe pharmacothérapeutique : Anesthésiques opioïdes, code ATC : N01AH03

Le sufentanil est un opioïde de synthèse possédant les propriétés pharmacologiques d’un agoniste des récepteurs µ.

Le sufentanil est un analgésique morphinomimétique très puissant (7 à 10 fois plus puissant que le fentanyl chez l’homme).

Sa marge de sécurité chez le rat est plus élevée que celle du fentanyl et de la morphine.

Par voie intraveineuse, le délai d’action court, l’accumulation limitée et l’élimination rapide des sites tissulaires de stockage permettent un réveil rapide.

Comme d’autres morphinomimétiques, le sufentanil peut, selon la dose et la vitesse d’administration, provoquer une rigidité musculaire, une euphorie, un myosis, une bradycardie.

Les dosages d’histamine n’ont pas mis en évidence de libération d’histamine par le sufentanil.

Tous les effets du sufentanil sont immédiatement et complètement antagonisables par l’utilisation d’antimorphiniques spécifiques (naloxone).

L’intensité de l’analgésie est dose-dépendante et doit être adaptée à l’intervention chirurgicale.

A des doses allant jusqu'à 8 microgrammes/kg, le sufentanil procure une analgésie profonde ; à des doses > 8 microgrammes/kg, le sufentanil procure une anesthésie analgésique profonde.

L’administration péridurale de 50 microgrammes de sufentanil procure une hypoalgésie segmentaire d’environ 3 heures dans les 15 minutes qui suivent son administration, potentialisée en durée par l’administration conjointe d’adrénaline.

Population pédiatrique

Après administration péridurale d’une dose de 0,75 µg/kg de sufentanil chez 15 enfants âgés 4 à 12 ans, le délai moyen d’apparition et la durée moyenne de l’analgésie étaient respectivement de 3,0 minutes (± 0,3 minute) et de 198 minutes (± 19 minutes).

Le sufentanil n’a été administré par voie péridurale que chez un nombre limité d’enfants âgés de 3 mois à 1 an, à une dose bolus unique de 0,25 à 0,75 µg/kg pour le contrôle de la douleur post-opératoire.

Chez l’enfant âgé de plus de 3 mois, l’administration péridurale d’une dose bolus de 0,1 µg/kg de sufentanil suivie d’une perfusion péridurale de 0,03 à 0,3 µg/kg/h de sufentanil associé à un anesthésique local de type amide apporte une analgésie post-opératoire efficace jusqu’à 72 heures après un acte de chirurgie sous-ombilicale.

Molécules de la même classe ATC (N01AH)

MoléculeATCMarquesPrix à partir deCNAMOMSGrossesse (CRAT)Interactions
Sufentanil baseN01AH033 non 0
RemifentanilN01AH063 non 77
AlfentanilN01AH022 non 85

Classification ATC de l'OMS lue dans les RCP. Le tableau juxtapose des données déjà présentes sur chaque fiche ; il ne recommande rien.

Recommandations internationales

Ne figure pas sur la liste OMS des médicaments essentiels 2025.

Classification ATC (OMS) : N01AH03